Cette couche de points donne l’altitude du sol de Paris dans les années 1800, d’après le relevé de Pierre-Simon Girard et Pierre Egault ingénieurs des Ponts et Chaussées chargés de la construction du canal de l’Ourcq et de la distribution des eaux de Paris. Il s’agit du premier relevé systématique du nivellement d’un vaste espace avec des instruments d’ingénieurs contemporains, Paris compris dans l’enceinte des Fermiers Généraux. Le procédé graphique consiste en un report graphique de points cotés sur le terrain sur le plan Verniquet, de très grande qualité trigonométrique, au relevé terminé en 1788 et à l’édition échelonnée de 1793 à 1799. Des lignes lient ensuite les points côtés de même valeur entre deux rues. Le procédé graphique de la ligne de niveau est inventé par Du Carla dans une publication de 1782, puis diffusé à la communauté géographe et mathématique par Sylvestre-François Lacroix en 1804.
La campagne de mesure de Girard et Egault se déroule de 1805 à 1807 en lien avec les travaux du canal de l’Ourcq. Dans ses Mémoires, publiés en 1831, Girard rapporte :
« [que] la décision du 17 ventôse (9 mars 1805) portait que l'on s'occuperait sur le champ du projet général de la distribution des eaux de l'Ourcq dans Paris. Ce projet ne pouvait être solidement assis que sur une parfaite connaissance du relief des différens quartiers de cette ville, et de leur abaissement au-dessous du bassin de la Villette qui servirait de réservoir à ses eaux. Un nivellement général de Paris était indispensable pour faire connaître ce relief, mais cette opération devait se prolonger pendant plusieurs années ; on ne pouvait donc la commencer trop tôt. M. Egault reçut à ce sujet, le 1er germinal (22 avril 1805), une instruction préliminaire de l'ingénieur en chef. » (Girard, 1831), p°65
Sur instruction de Girard, Egault relève donc dans l’espace public des rues la localisation tous les points marquant le changement de niveau d’un mètre à partir d’un référentiel conçu pour l’occasion. 6 325 points sont ainsi relevés. Il les reporte ensuite sur un exemplaire de l’atlas Verniquet représentant la totalité des rues de Paris à l’échelle 1/1 739e.
Par ailleurs, le niveau de référence établi pour l’occasion à Paris est un plan imaginaire situé cinquante mètres au-dessus du plan d’eau du bassin de la Villette, lui-même élevé d’un mètre cinquante au-dessus du fond du bassin. (Girard & Verniquet, 1810) Les cotes des parties du sol de la ville plus basses que le plan d’eau du bassin de la Villette augmentent, tandis que les cotes des parties plus hautes diminuent. Ainsi, de manière originale pour l’observateur contemporain, quand le niveau de Girard augmente, l’altitude diminue.
Enfin, le processus graphique de restitution est complété par des lignes de niveau brisées joignant deux à deux des différents points de même altitude entre deux rues. (voir la couche « Le relief de Paris relevé en 1805-1807 exprimé par des lignes brisées » présente sur ce même serveur). D’autres points, moins nombreux, sont saisis par Egault en raison de leurs qualités topographiques spécifiques. Il s’agit de 559 points de repères répartis sur la surface de la ville se rapportant à des éléments urbains stables (souvent surélevés par rapport au sol), de 2 057 points marquant les ruptures de pentes et les carrefours des rues, de 96 bouches d’égout présentes à Paris et issues du système d’égout mis en place lors des époques médiévale et moderne. L’atlas, manuscrit, est conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris sous la cote FOL AT 157.
Mathieu Fernandez (doctorant au Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM) de 2011 à 2014) a géoréférencé la reconstitution raster de la totalité de l’atlas elle-même réalisée sur la base de photographies redressées (6 photographies par planche, c’est à dire 274 photos). Il a ensuite saisi la totalité des points cotés présents dans l’atlas grâce à une interface SIG et enfin a créé deux champs attributaires : la cote relevée par Egault et la transformation de cette cote en nivellement général français (NGF, système actuellement en vigueur depuis 1969). La transformation a pu être calculée avec certitude grâce au fait qu’Egault ait mesuré l’altitude de zéro du pont de la Tournelle, repère instauré en 1719 afin de mesurer les variations de hauteurs des eaux du fleuve, existant encore aujourd’hui. En notant « x » les cotes mesurées par Girard et Egault entre 1805 et 1807 et « NGF » la cote du système de nivellement actuel (Nivellement Général Français), la transformation d’un système de nivellement à l’autre est donnée par la formule NGF = 100.86 - x (Fernandez, 2014).
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